Trois compagnies théâtrales "Les Gueules Tapées" du Sénégal, "Les Graines de soleil" du Congo et "Les Buvelas" de France ont présenté ce jeudi leur nouvelle œuvre théâtrale intitulée "La mort et l’écuyer du Roi" au cours d’une conférence de presse au Centre Blaise Senghor de Dakar. La pièce relate comment, un mois après la mort du roi, son écuyer, son chien et son cheval doivent mourir afin de le guider dans l’au-delà.
Pour clôturer leur saison théâtrale, le 14 mai prochain au Théâtre national Daniel Sorano, la Compagnie sénégalaise Les Gueules Tapées a fait appel aux Graines de soleil du Congo et aux Buvelas de la France afin de mettre en scène la pièce « La mort et l’écuyer du roi » du Nigérian Wole Soyinka. Les artistes ont présenté, jeudi, au cours d’une conférence de presse tenue au Centre culturel Blaise Senghor, le fruit de leurs deux mois d’intense travail.
Ecrite dans le contexte de la culture yoruba, la pièce, tirée d’un fait réel qui s’était déroulé en 1946 au Nigeria, parle de la mort d’un Roi. Trente jours après la disparition de celui-ci, son écuyer, son chien et son cheval devaient être sacrifiés afin d’assurer la continuité entre le monde des vivants et celui des morts. Le Nigeria étant alors sous domination britannique, le pouvoir colonial s’opposa à la mort d’Elesin, l’écuyer. Il s’ensuivit un conflit entre tradition et modernité, entre Noirs et Blancs. Adaptée à la culture africaine en général par le metteur en scène, la pièce est un mélange de culture sénégalaise, mandingue, congolaise…
Né au Sud-Ouest du Nigeria d’un père directeur d’école et d’une mère commerçante, Oluwole Akinwande Soyinka a publié plusieurs œuvres dont « Les interprètes » et « une saison d’anomie ». Grand dramaturge, poète, essayiste et romancier, Soyinka est le premier Africain à obtenir le prix Nobel de littérature (1986). Prix qu’il a dédié à Nelson Mandela, qui était encore en prison à Roben Island (Afrique du Sud).
La pièce qui sera présentée à Dakar est le fruit d’un vieux projet entre deux amis artistes comédiens : le Sénégalais Macodou Mbengue et le Congolais Jean Claver Mabiala, qui se sont rencontrés au festival de théâtre de Ouagadougou (Burkina Faso), il y a près de dix ans.
Sur le choix de cette pièce pourtant très difficile et bien compliquée, le directeur de la compagnie Les Gueules Tapées indique qu’il trouve un parallélisme entre la culture yoruba, dans laquelle est écrite l’œuvre, et celle des Lébous dont il est issu. Même s’il n’a pas manqué de conforter un de ses collaborateurs qui le taquinait en disant qu’il aimait les pièces compliquées, Macodou Mbengue a révélé les quelques difficultés rencontrées lors de la création : entre autres, l’origine diverse des comédiens, leurs sautes d’humeur, l’introduction de musiciens et de danseurs qui n’ont pas l’habitude du théâtre. Autant d’obstacles que les artistes ont pu contourner afin que le projet aboutisse.