(Correspondance Abidjan) Rien ne va plus entre les deux signataires de l’Accord politique de Ouagadougou ; à savoir le Front Populaire Ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo et les Forces nouvelles (ex rebelles) de Guillaume Soro. A l’origine de cette brouille, des propos jugés discourtois de la Première dame, Simone Gbagbo, au cours d’un meeting tenu le 04 mai dernier à Yamoussoukro.
Lors de l’exécution du plan de regroupement et de démobilisation des ex-combattants le 02 mai dernier à Bouaké, le Chef d’Etat-major de l’ex-rébellion, le général Soumaïla Bakayoko a estimé que le désarmement de ses hommes pourra se faire, environ, sur cinq (05) mois. Pour son malheur, cette appréciation n’a pas été du goût de la Première dame de Côte d’Ivoire qui a réagi violemment au début de cette semaine.
Animant un meeting, dimanche 04 mai à Yamoussoukro, Simone Ehivet Gbagbo n’a pas porté de gant pour répondre aux propos du chef militaire des Forces nouvelles. ‘’Ils (Ndlr ; les ex-rebelles) nous disent qu’ils ont besoin de cinq mois, c’est trop ! Alors que la rébellion a récupéré la Primature, la Côte d’Ivoire ne peut avoir encore sur son sol, pendant des mois, des rebelles en armes (…) En un mois, ils peuvent se regrouper, même s’ils sont 50.000 ! C’est d’abord, une question de volonté’’, a martelé Simone Gbagbo, par ailleurs présidente du groupe parlementaire FPI non sans demander à Guillaume Soro et ses hommes d’être des garçons (sic !) jusqu’au bout.
Cette position de la Première dame de Côte d’Ivoire a, naturellement, attiré le courroux des ex-rebelles. ‘’Nous sommes signataires d’un accord. S’il y a des points de l’Accord que le FPI ne comprend pas, nous attendons à ce que le FPI s’adresse aux Forces nouvelles pour plus d’explications sur ces différents points. Mais tels que ces points sont exploités dans des meetings ou à travers des écrits, ce sont des attaques qui, pour nous, sont contre-productives et pourraient envenimer la situation’’, a déclaré le ministre du Tourisme, Sidiki Konaté, également porte-parole des Forces Nouvelles, lors d’un entretien accordé mercredi à la Radio des Nations-Unies à Abidjan.
D’ailleurs, pour marquer son indignation, l’ex-rébellion a adressé un courrier de protestation au président du FPI, Pascal Affi N’guessan. Avant la Première dame, le président de l’Assemblée nationale, Mamadou Koulibaly (un autre cacique du régime FPI), a eu des propos particulièrement durs à l’encontre des Forces nouvelles lors de la rentrée parlementaire. En tout cas, les ex-rebelles veulent obtenir des explications du FPI avec lequel ils sont engagés dans un accord politique depuis mars 2007 à Ouagadougou.
Photo : Simone Gbagbo, Première Dame de la Côte d’Ivoire