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Sénégal | Ouverture de DAK’ART 2008 : Les artistes encouragés dans leur rôle d’avant-garde et de veille
Publié le 10 mai 2008 à 22h39

Réflexion, interrogation sur le sort, sur l’avenir de l’Afrique. C’est le propos de la 8ème édition de la Biennale de l’art contemporain africain (Dak’art) qui a débuté vendredi à Dakar, sous la présidence du président de la République Abdoulaye Wade.


Malgré l’image peu flatteuse de l’Afrique, l’art africain s’est imposé dans le concert international avec un potentiel créatif sans conteste. Dans un tel contexte, « l’art doit suggérer un mode de vérité au-delà de la fonction esthétique, a estimé à la cérémonie d’ouverture, le Commissaire général du Dak’art 2008, Maguèye Kassé. D’où le besoin d’y adjoindre les fonctions morale et libératrice avec une identité nègre qui se revendique au-delà des clichés, des stéréotypes. Dans la même dynamique, le président de la République, Abdoulaye Wade, a estimé que « la thématique de cette Biennale doit prendre en charge les défis récurrents, les paradigmes de touts ordres qui interpellent le monde ». Cela, avec une mise en perspective des problématiques sous jacentes. Car, rappelle Abdoulaye Wade, « l’Afrique a longtemps souffert de caractérisations de tous azimuts avec des rapports de force qui lui sont toujours défavorables ».

Selon le président Wade, des nations boulimiques ont tenté de l’assouvir d’images peu valorisantes sous le registre d’art primitif, qui seront plus tard appelé « art premier ».

Comme pour corriger cette image peu flatteuse, la 8ème édition a opté pour la thématique de l’Afrique et du Miroir. « Les deux signes de ponctuation constituent des repères qui servent à baliser la réflexion autour de l’environnement dans lequel l’Art africain contemporain s’exprime aujourd’hui autant que l’objet de son discours », a défendu le Commissaire général. Ce qui laisse affleurer un certain nombre de questions. Quelle est la situation de l’Afrique aujourd’hui ? Dans quel état se trouve-elle ? A quels défis est-elle confrontée ? Comment cette Afrique se présente-t-elle au monde ? Comment la présente t-on ? De quelles interrogations cette Afrique est-elle porteuse ? « Il apparaît, en filigrane, ce que l’art apporte comme réponse à ces questionnements », dit Maguèye Kassé.

Une lumière qui éclaire l’avenir

Ainsi, des œuvres originales de cette présente Biennale y apportent des échos divers dont le dénominateur commun est la qualité esthétique, les capacités de suggestion relativement aux situations de détresse dont elles sont porteuses et des questions qu’elles mettent à l’ordre du jour. « Ces questions sont d’une actualité rendue plus brûlante par des impasses dans la gestion de la cité », souligne M. Kassé. Entre autres préoccupations, le phénomène des migrations et l’émigration, l’exclusion, les problèmes identitaires, la guerre et les conflits locaux. Une situation qui justifie l’invite du président Wade : « Les artistes doivent jouer un rôle d’interface entre les populations et les gouvernements, car l’art est une lumière qui éclaire l’avenir ». Malgré les difficultés, « l’Afrique de par la vitalité de sa création artistique reste debout », a observé pour sa part le représentant de l’Organisation internationale de la francophonie, Rémy Sagna qui a assuré l’organisation de la biennale du soutien constant de l’Oif dans le cadre de la valorisation des cultures du Sud .

Dans son intervention, le chef de la Délégation de l’Union européenne à Dakar, Gilles Hervio, a magnifié l’heureuse coïncidence entre l’ouverture du Dak’art 2008 et la célébration de la fête de l’Europe. Une manifestation placée sous le signe de l’année du dialogue interculturel. Ainsi, l’art devient un facteur de communication, le plus court chemin de l’humain vers son semblable.

Au -delà de la haute qualité esthétique des œuvres présentées, « les messages peuvent aller plus loin s’ils sont relayés par les hommes de culture », a jugé le président Wade. Dans cette optique, les exemples ne manquent pas. Des hommages appuyés ont été rendus au regretté Victor Emmanuel Cabrita. Celui-ci a été président de la commission d’orientation de la Biennale lors des deux dernières éditions. Egalement associé à cet hommage, l’artiste Iba Ndiaye, parrain du Dak’art 2008 qui expose ses œuvres sur le parvis de la Place du Souvenir (sur la corniche).



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