La 3e édition du Festival Les Blues du fleuve a vécu. La culture, meilleur ciment pour l’intégration des peuples du continent, était bien présente, mais pas seulement. En effet, les activités de développement, de même que des sujets de réflexion étaient aussi au programme.
La troisième édition du festival Les Blues du Fleuve s’est tenue, du 25 au 27 avril dernier à Podor, sous la présidence du ministre de la Culture, du Patrimoine historique classé, des Langues nationales et de la Francophonie, Mame Birame Diouf, en présence son homologue mauritanien Mohamed Vall Ould Cheikh et de l’ex-Premier ministre de la Guinée, Sellou Dallen Diallo (président d’honneur de cette édition). D’autres personnalités natives de Podor ont aussi tenu à prendre part à l’événement, dont la marraine, Me Aïssata Tall Sall et du député de la ville Aminata Sall dite Astel.
Prouver le rôle primordial de la culture dans l’intégration africaine est le principal objectif de ce festival. Ainsi, après le Mali, l’année dernière, la Guinée a été l’invité d’honneur cette édition. Mais outre ce pays qui était représenté par Binta Laly Sow, Petit Yéro et Lansana Kouyaté, le Mali était aussi de la partie avec Vieux Farka Touré, qui porte bien l’héritage de son père. De même que le Burkina Faso avec Dicko Fils. Quant à la Mauritanie, elle s’est fait représenter par Tahra Mint Hembara (qui lutte pour l’unité nationale de son pays en chantant en pulaar, wolof, hassaniya et soninké), Sidy Baïlel Thiam, le rappeur RJ, etc. Tout montrer que la culture est, selon le ministre mauritanien, « le meilleur ciment pour unir les peuples ».
Pendant ce temps, des jeunes de la ville se formaient au batik et autres domaines artistiques. En attendant la sortie de terre du complexe culturel que Baaba Maal compte construire sur un terrain acquis dans sa ville natale.
Après le concert tenu le 25 avril au quai Boubou Sall, avec, entre autres, les musiciens de l’Ensemble lyrique traditionnel, la commune de Ndioum, où a eu lieu la pose de la première pierre de la Maison Daande Leñol, a accueilli un concert, pour décentraliser la manifestation. Dimanche, un carnaval organisé à travers les rues de Podor a été organisé par Oumou Sy avant le concert de clôture du stade Alassane Wade.
Agriculture, éducation, environnement et développement
Mais le festival n’était pas que ludique. En effet, il a aussi servi de cadre de réflexion. Deux conférences s’y sont tenues : l’une sur la protection de l’environnement et l’autre sur l’éducation, entrant dans le cadre de la Semaine mondiale de l’éducation pour tous.
Une caravane allant de Podor à Ndioum a d’ailleurs permis de sensibiliser les populations sur l’importance de la scolarisation des filles et leur maintien à l’école, notamment. Une autre a été l’occasion de faire planter 5 500 arbres dans une dizaine de localités du département.
Durant tout le festival, une foire artisanale et agricole s’est tenue à Podor. En même temps, et pour marquer la date de naissance de la Fondation agricole de Baaba Maal, le lead-vocal du Daande Leñol a octroyé une motopompe à l’association des femmes de Ngawlé (2 km à l’ouest de Podor) dont les activités sont restées gelées pendant huit ans, faute de machine d’arrosage.
A partir de cette présente édition, le Festival « Les blues du fleuve » pourra bien sortir des frontières du Sénégal, d’autant que des villes maliennes, mauritaniennes et guinéennes demandent à l’accueillir.