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Sanctions de la Caf
Publié le 1er février 2010 a 07:07 par Mamadou DEME


Abracadabrante ! Surprenante ! Révoltante ! Ahurissante ! Aucun de ses mots n’est de trop pour qualifié la décision prise par le Comité exécutif de la Confédération africaine de football (Caf) contre le Togo. Alors que les Togolais n’ont pas encore fini de pleurer leurs morts, mitraillés par les rebelles séparatistes du Front pour la libération de l’enclave du Cabinda (Flec), le 8 janvier dernier, les comparses de Issa Hayatou ont décidé de leur porter un “dernier coup de hache“, dixit le sélectionneur du Togo, le français Hubert Velud.

Une décision aussi surprenante que la veille, M. Hayatou s’était rendu auprès des joueurs togolais, pour rectifier les maladresses de ce machin qu’il dirige depuis le 10 mars 1988, en leur assurant qu’aucune sanction ne serait prise s’ils décidaient de se retirer.

“C’est un choix difficile. C’est un choix individuel et collectif. La décision vous appartient et à vous seuls", leur avait dit, le prince coutumier de Garoua. “J’ai dit aux joueurs qu’on comprendrait leur position. Nous leur avons demandé de bien vouloir rester, mais que s’ils partaient, on prendrait acte, et on comprendrait bien leur position. Et les joueurs ont dit qu’ils restaient. Jusque-là, on était en harmonie“.

La volte-face de la Caf s’explique par ce qu’elle appelle “interférence gouvernementale“ qu’elle ne saurait accepter selon les termes de Hayatou. Et pan ! Le Togo tombe sous le coup de l’article 78 du règlement dont avait été victime le Nigeria en 1996. Pour rappel, le régime du dictateur Shani Abacha, avait refusé d’envoyer les Super Eagles, à la Can 1996 en Afrique du Sud pour des “raisons de sécurité“. A l’époque, Nelson Mandela, alors président de la Nation arc ciel, combattait de tout son poids, le régime nigérian.

Pourtant les mêmes raisons avaient poussé l’Egypte a envoyé une équipe bis à la Can 1990 en Algérie, sans jamais être sanctionné. Pis, certains observateurs avaient soutenu à l’époque que les dirigeants égyptiens n’accordaient pas d’importance à cette Can qui se déroulait quelques mois avant le Mondial italien. Dans tous les cas, une telle décision sous le règne de Hayatou ne surprend personne. D’ailleurs au début de cette triste affaire, la Caf a multiplié les maladresses et les bourdes.

Elle a d’abord fait preuve d’une omerta inexplicable qui a irrité le gouvernement togolais. Pas un seul mot du président Hayatou. Pas un seul communiqué de la Caf. Et la seule personne qui a eu à se prononcer jusque là, a maladroitement accusé le Togo d’avoir pris la voie terrestre et de n’avoir pas saisi le Cocan.

“Les règlements de la Caf sont clairs, les équipes doivent emprunter l’avion plutôt que le bus’’, avait déclaré Souleyman Abouba affirmant que ‘’le Togo n’avait pas notifié au Cocan (Comité d’organisation) qu’il viendrait par la route’’.

Pourtant, l’équipe togolaise était sous escorte militaire. Qui a alors saisi les forces armées angolaises ? Dans tous les cas, tenir de tels propos en de pareilles circonstances, s’est faire preuve de maladresse. Cette sanction discrédite davantage l’instance africaine, que Hayatou dirige d’une main de maître depuis le 10 mars 1988, date de son accession à la Caf, après trois tours d’élection. Il est à la fois l’alpha et l’oméga d’une organisation phagocytée par une bande d’amis acquis à son solde, malgré les casseroles qu’ils traînent.

Farah Addo a été, en juillet 2004, suspendu pour dix ans par la Fifa pour “détournement et appropriation partielle de fonds“ destinés à la fédération somalienne. Amadou Diakité ne fait plus partie du comité exécutif de la Fifa depuis mai 2007. On se souvient du papier de Sud Hebdo sur la corruption de l’arbitre lors de la Can 1990. Curieusement, c’est lui qui préside aujourd’hui, la commission des arbitres de la CAF. Ismaël Bhamjee, impliqué dans une affaire de vente illicite de billets lors du Mondial 2006, a démissionné de toutes ses fonctions à la Fifa et à la Caf.

Pendant ce temps, d’anciens footballeurs, comme l’Algérien Rachid Mekhloufi et le Ghanéen Abedi Pelé, sont écartés du Comité exécutif de la CAF. L’Afrique ne pardonnera jamais à Hayatou d’avoir refusé de serrer la main à Nelson Mandela après la victoire de l’Afrique du Sud devant le Maroc pour l’organisation du Mondial, dont il se targue d’être aujourd’hui, le président du comité d’organisation.

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