CAMEROUN / PRESIDENTIELLE 2011 Pour un candidat unique de l’opposition Publié le 8 février 2010 a 20:16 par
Le président de l’Alliance des forces progressives (AFP), Bernard Muna, a lancé un appel pour une candidature unique de l’opposition aux prochaines élections présidentielles, prévues en 2011 au Cameroun.
Les partis de l’opposition camerounaise doivent, dès à présent, commencer à travailler dans le sens de présenter un seul candidat pour face à l’actuel président, Paul Biya, a indiqué M. Muna devant la conférence annuelle de l’AFP qui a pris fin dimanche à Yaoundé, la capitale du pays. Selon lui, une candidature unique de l’opposition permettrait à celle-ci de maximiser ses chances de remporter ce scrutin.
Le président de l’AFP a, par ailleurs, évoqué le problème de la corruption qui demeure, selon lui, préoccupant, malgré la mise en oeuvre de l’opération "épervier" qui a seulement permis l’arrestation d’une infime partie des détourneurs de deniers publics. A cet égard, Bernard Muna a suggéré la mise sur pied de commissions de lutte contre le détournement des deniers publics. Cependant, a-t-il estimé, il serait plus judicieux "de rapatrier ou de récupérer les fonds distraits et même d’envisager la remise ou l’allègement des peines de ceux qui plaident coupables, acceptent de rembourser les fonds distraits et présentent leurs excuses à la nation". "Cela permettrait, a-t-il ajouté, de négocier leur amnistie et de prendre des dispositions pour qu’ils n’accèdent plus aux postes de responsabilité".
D’autre part, le président de l’AFP a émis des doutes sur la capacité de "Elections Cameroon", chargée de la gestion des élections, à s’acquitter correctement de sa mission. En effet, a-t-il estimé, "ELECAM", qui est en train de se déployer sur le terrain, aurait pu gérer les élections de façon efficiente et objective, si plus du tiers de ses effectifs n’étaient pas des anciens cadres du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir). Il s’est néanmoins réjoui que la gestion des élections ait été retirée aux sous-préfets et confiée à "ELECAM".
Selon lui, le principal défi de cette structure est de pouvoir inscrire au moins 10 millions de Camerounais sur les listes électorales d’ici la fin de l’année, si elle veut prétendre à l’organisation d’élections libres et transparentes.