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ME MBAYE GUEYE SUR LA SORTIE VIRULENTE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE CONTRE LE BATONNIER MAME ADAMA GUEYE
« On ne peut pas occulter la corruption dans l’appareil judiciaire »
Publié le 22 janvier 2010 a 10:27 par Mbayang DIENG


Une semaine après la sortie virulente du président de la République, Me Abdoulaye Wade contre le bâtonnier de l’Ordre des avocats, Me Mame Adama Guèye, lors de la rentrée solennelle des Cours et tribunaux, le secrétaire général de l’Ordre des avocats, Me Mbaye Gueye pour éclairer la lanterne de l’opinion sur certaines questions a accepté sans détours de s’entretenir avec « La Sentinelle ».

« La Sentinelle » : Quelles analyses faites vous à la sortie virulente du président de la République contre le bâtonnier de l’Ordre des avocats ?

Me Mbaye Guèye : Nous relevons simplement que le président de la République a réagi selon son tempérament. Nous n’avons pas, pour habitude au niveau de l’ordre des avocats de nous s’appesantir sur les considérations subjectives. Nous nous battons pour des principes. Et ce sont ces principes que le bâtonnier a évoqués lors de la rentrée solennelle des Cours et tribunaux. Nous estimons qu’il a utilisé une forme qui, peut- être, lui est propre, de par son tempérament, mais qui n’enlève en rien, de la pertinence des questions qui ont été évoquées et de la nécessité de leur trouver des solutions. En vérité, nous devons aller au délà de la forme des discours ou de la manière dont ces discours sont tenus, pour poser les vraies questions et leur trouver les vraies solutions. L’ensemble de l’appareil judiciaire ne peut pas avoir pour vocation de s’arrêter sur des considérations liées à la forme d’un discours.

Qu’est ce que vous répondez à ceux qui disent que le bâtonnier a servi un discours « hors sujet » lors de cette rentrée des Cours et tribunaux ?

Il faut releverquand même deux précisons qui me semblent importants. Le thème de la rentrée solennelle des Cours et Tribunaux de cette année était : « Le fonctionnement de la justice, responsabilité de l’Etat ». Je considère que la responsabilité de l’Etat ne peut être entraînée que pour autant qu’il y ait dysfonctionnement au niveau de l’appareil judiciaire. La responsabilité de l’Etat ne peut être engagée que par suite de dysfonctionnement. On ne peut pas parler de ces dysfonctionnements si on veut être rigoureux, et occulter la question de la corruption et de la concussion qui sont l’un des thèmes cinq des thèmes développés par le bâtonnier lors de son discours. Si la corruption et la concussion sont un dysfonctionnement, alors nous estimons que le bâtonnier était bien dans le cadre du thème. Mais, d’abord il faut à mon avis, convoquer la philosophie de la rentrée solennelle des Cours et Tribunaux. Elle amène à désigner des mois avant un magistrat chargé de traiter le thème. Pour cette fois – ci c’était l’éminent magistrat Abdourakhmane Diouf de la Cour suprême. Il faut savoir qu’il n’est pas demandé aux autres membres de traiter également le thème, sinon on serait dans une séance où un thème serait traité par cinq intervenants différents. La philosophie, c’est de demander à un magistrat de traiter le thème et aux autres membres de donner leurs avis sur le thème et la manière dont il a été traité par le magistrat désigné. Il faut ainsi profiter de la présence du président de la République, président du Conseil supérieur de la Magistrature, garant du bon fonctionnement des institutions pour expliquer les difficultés que rencontre la justice, exprimer ; les doléances pour que le président les entende lui-même et trouve des solutions avant la prochaine rentrée des Cours et Tribunaux. A part le magistrat chargé de traiter le sujet, il est donc difficile, voire impossible pour les autres de faire hors sujet dans la mesure où chaque intervenant pouvait se limiter à exprimer des doléances. D’ailleurs, il faut relever que le président à la fin de son propos, est revenu sur les accusations, que j’estime injustes, de ma part, proférées à son encontre par des Sénégalais établis en France relativement à un patrimoine immobilier qu’il détiendrait alors que ça n’était pas le sujet. Mais quand même il avait le droit de le dire. C’était le moment approprié pour le dire.

Il n’était pas alors question de politique selon vous ?

Egalement, M le président de la République, homme politique, ne s’est pas présenté à la Cour suprême comme homme politique. Il s’est présenté en tant qu’institution de la République. M. le bâtonnier, Mame Adama Guèye ne s’est pas présenté à l’audience comme homme politique, mais comme bâtonnier de l’Ordre des avocats du Sénégal. Il faut savoir que le bâtonnier, Me Mame Adama Guèye ne milite dans aucun parti, même s’il s’est présenté comme candidat à l’élection présidentielle. Il était candidat indépendant. A la fin de l’élection, il est retourné à son cabinet et a poursuivi son travail d’avocat. Si homme politique s’entend avec appartenance à un parti ou faire de la politique de manière régulière, je ne vois pas comment Me Guèye pourrait être considéré comme homme politique. Enfin, le discours ne peut pas être décrit comme un discours politique parce que avant lui, des bâtonniers ont eu à dénoncer le phénomène de la corruption au sein de l’appareil judiciaire. Le bâtonnier n’a fait que renouveler les positions de l’Ordre des avocats par rapport à un phénomène qu’on ne peut plus occulter au sein de l’appareil judiciaire.

C’est la deuxième fois que l’Ordre des avocats se fait représenter par Me Mame Adama Guèye à l’audience de la rentrée des Cours et tribunaux mais à chaque fois on ressent, des tiraillements, une animosité en quelque sorte entre le président de la République et lui. Y a –t-il, des antécédents entre eux ou que se passe –t-il ?

L’année dernière, le bâtonnier avait évoqué une question relative à l’immixtion des autorités françaises dans le fonctionnement de la Justice au Sénégal. Cette année, c’est la corruption. Nous concédons que ce sont des questions sensibles. Mais encore une fois, nous somme dans nos droits. L’avocat n’est pas fait pour plaire à quiconque. C’est d’ailleurs pourquoi, nous reconnaissons au président de la République le droit à la réplique, parce que lui aussi, c’est un avocat. Entre avocat, l’échange est à la limite naturel. A ce que je sache, Me Abdoulaye Wade et Me Mame Adama Guèye n’entretiennent aucune relation conflictuelle. En vérités je ne crois pas qu’il y a tiraillements mais plutôt échange entre deux avocats. Chacun parle selon son tempérement, mais pour moi, l’intelligence veut qu’on aille au délà des tons de discours. Il n’y a pas de position d’adversité, de bataille entre eux qui puisse être retenue.

Votre appréciation par rapport à la promesse d’aide faites aux jeunes avocats ?

C’est tout à son honneur. Ce n’est pas la première fois qu’il manifeste l’idée de soutenir les jeunes avocats. Je dois préciser, que le bâtonnier l’a saisi également dans ce sens pour régler quelques problèmes qui ne peuvent être réglés qu’à son niveau et dont les effets vont être bénéfiques surtout aux jeunes avocats. Nous l’attendons, nous sommes persuadés de l’amour qu’il a pour son métier d’avocat.

C’est quoi les problèmes des jeunes ?

Il y a d’abord la corruption. Nous aurions souhaité que le président de la République se charge des problèmes d’éthiques et de comportement. L’enveloppe de l’assistant judiciaire est trop insuffisante pour tout le Sénégal. Nous demandons ainsi au président Wade d’augmenter l’enveloppe de l’assistant judiciaire pour permettre son déploiement dans les autres régions du Sénégal. L’accès à la propriété foncière est un problème chez les jeunes avocats. Le budget de la formation des jeunes est aussi très lourd à supporter par le barreau.

Vous pouvez revenir sur les maux de la Justice ?

La justice aujourd’hui est confrontée à plusieurs maux. Certains sont à la limite institutionnels et peuvent être réglés par une des réformes. Il est très urgent de refaire la carte judicaire du Sénégal. Le tribunal régional de Dakar supporte un volume de contentieux qui devient de plus en plus lourd. Nous devons redéployer la carte judicaire et permettre à certaines juridictions compliquées comme Mbour et Thiès d’être un peu plus responsabilisées. Il nous faut voir la rentabilité de certaines institutions qui ont été créées. L’objectif attendu est loin d’être atteint. Mettre un peu plus les magistrats et les acteurs judiciaires dans de bonnes conditions de travail. Nous avons réceptionné le nouveau palais de justice, c’est grand pas en avant. Mais il y a des problèmes par rapport à son équipement. C’est l’équipement du palais du bloc des Madeleines qui est transféré alors qu’il n’est pas adéquat. Le troisième point est la lutte pour parvenir à un bon comportement au niveau de l’appareil judiciaire. Nous n’avons jamais dit que les magistrats étaient corrompus. Nous parlons par contre, de corruption dans l’appareil judiciaire, ce qui implique des magistrats, des avocats, des greffiers, des notaires, des huissiers etc. qui n’honorent pas le serment prêté. Ces pratiques malsaines, reflètent sur le travail immense que la partie saine du corps judiciaire effectue. La Justice est vertu et le respect vaut mieux que la crainte. C’est ce qui nous a amené, d’ailleurs à proposer l’observatoire qui n’a pas été vraiment compris par le chef de l’Etat. Cet observatoire ne placera pas la justice sous tutelle. Elle relèvera juste annuellement les failles du système.

Quand est - ce qu’on parle de corruption chez les avocats ?

Un avocat n’est pas corrompu, il est corrupteur. Là où il y a un magistrat corrompu, il y a très souvent à côté un avocat qui le corrompt. Un avocat corrompu, le fait est exceptionnel lorsqu’ il a accepté devant le dossier de son client face à l’adversaire contre rénumération d’être sourdoyé par ce dernier. C’est -à- dire perdre volontairement un dossier pour de l’argent. C’est un système bien réfléchi, mis en place en fait pour régler des dossiers. C’est en cela que le bâtonnier a parlé de corruption systémique. J’invite l’ensemble des acteurs judiciaires a relevé le défi, le challenge

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1 Message


Posté le 25 janvier 19:32, par taha
Maitre vous etes devenu malhonnete intellectuellement s’entend doublé d’un équilibriste.On vous comprend aisément issu d’un milieu extrémement pauvre vous vous garderez de frustrer vos deux bienfaiteurs qui ont fait de vous un conseiller économique et social en plus de votre statut de sécretaire général du conseil de l’ordre. Opportunisme quand tu nous tiens............ ;




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