COTE D’IVOIRE : ACCUSATION DE FRAUDE A LA CEI Les Forces nouvelles se démarquent du camp présidentiel Publié le 2 février 2010 a 07:45 par
Le croisement interne opéré par la Commission électorale indépendante (CEI) en dehors des procédures consensuelles concernant 429.000 personnes continue d’alimenter les débats. Dimanche, les Forces nouvelles (ex-rébellion) se sont retrouvées en conclave dans leur fief de Bouaké pour réagir face aux agissements du camp présidentiel qui a appelé à la démission du président de la CEI.
Après la classe politique ivoirienne qui a eu des positions divergentes sur le maintien ou pas du président de la CEI, Robert Beugré Mambé, à la tête de cette institution, les Forces nouvelles (FN) ont voulu se faire entendre à leur tour. Sans s’encombrer d’artifices, elles ont condamné ‘’les exploitations politiciennes’’ qui sont, à les en croire, de nature à discréditer tous les acquis de l’Accord politique de Ouagadougou.
Dans un communiqué lu dimanche par le porte-parole de l’ex-rébellion, Sidiki Konaté (actuel ministre de l’Artisanat), les Forces nouvelles ‘’déplorent et récusent la saisine de la justice ivoirienne sans l’accord préalable du gouvernement’’. Tout en invitant les uns et les autres à se garder de tout propos et actions de nature à anéantir les efforts du Premier ministre (secrétaire général des FN), le porte-parole des FN à inviter certains membres du gouvernement à privilégier la solidarité gouvernementale.
En outre, elles ont déploré les réactions des différents partis politiques suite à l’affaire des 429.000 personnes non sans rappeler les origines de la guerre en Côte d’Ivoire qui est, selon les ex rebelles, la question identitaire. Raison de plus de dénoncer, avec fermeté, la résurgence de l’ivoirité à l’occasion de la crise à la Commission électorale indépendante. ‘’Les Forces nouvelles condamnent les arrestations arbitraires, les dénonciations calomnieuses et les tentatives de tous ordres qui visent à radier de la liste électorale définitive, à leur insu, de nombreux ivoiriens accusés, sans la moindre preuve, de fraude à la nationalité ivoirienne’’, ont-elles condamné.
Pour rappel, c’est le porte-parole du Chef de l’Etat ivoirien, Gervais Coulibaly, qui a annoncé en janvier dernier sur les ondes de la télévision nationale que la CEI a inscrit frauduleusement 429.000 personnes sur les listings. La suite, le camp présidentiel a exigé la démission du président de cette institution malgré les assurances du Premier ministre, Guillaume Soro, indiquant qu’il s’agissait d’un « croisement interne à la CEI pour sa propre gouverne ». Depuis, les partis de l’opposition ont sont rentrés dans la danse soutenant que ces accusations du camp présidentiel (qui a même saisi la justice) était du dilatoire pour ne pas aller aux élections selon le chronogramme de l’Accord politique de Ouagadougou.