EDITO DE QUOI ONT-ILS PEUR ? Publié le 20 janvier 2010 a 02:54 par Demba NDIAYE
Ce qui s’est passé Dimanche 17 janvier 2010 à Thiès est simplement inacceptable en démocratie. L’agression au feu contre le meeting du Parti socialiste fait partie de ces immondes choses qu’on ne devrait plus voir dans notre pays qui, dit-on, est une « exception » dans notre sous-région. Quelle abeille a piqué les auteurs de cet acte antidémocratique et antirépublicain ?
Un jeune homme inculte, sorti de nulle part, propulsé à des responsables en récompense des basses besognes comme celle de Thiès, qui était un gamin en culottes courtes durant les années de braises, a, « courageusement », esquivé les questions de la RFM. Quand on n’a pas le courage d’endosser la responsabilité des ses actes, on ne les commet pas. De quoi ont-ils peur ? On leur demande de faire face aux urgences sociales que sont le fonctionnement normale de nos écoles, universités et hôpitaux ; trouver des solutions pour les sinistrés de nos banlieues, la fourniture normale de l’électricité ; donner de l’emploi aux milliers jeunes chômeurs du pays.
Paradoxalement, c’est au moment où le président tente de décrisper ses relations exécrables avec l’opposition, que des énergumènes de son parti allument des foyers de tension. Les sénégalaises et les sénégalais attendent des actes positifs de la part du président, de son gouvernement et de ses alliés, que des actes de diversion. Prendre le pays en otage par des « fuites » bien orchestrées comme « présidentielle à un tour », et/ou anticipée, les palabres autour du monument de la renaissance ou encore la malheureuse idée de « délocaliser » les populations de Haïti meurtries. Au passage, il faut saluer le geste humanitaire de M. Wade (i million de dollars) pour participer à l’élan mondiale de solidarité.
Monsieur le président, vous avez encore deux ans et demi pour convaincre vos concitoyens que vous êtes le chef qu’il faut parce que chaque jour que Dieu fait, vous vous acharnez à alléger leurs problèmes et leurs souffrances. Quant à l’opposition, elle aussi devrait mieux prendre en charges les problèmes des populations au lieu de se laisser divertir par la petite politique improductive. Ce pays a besoin de leaders, de dirigeants qui travaillent et non de comédiens qui nous proposent chaque jour des vaudevilles de série B.
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Posté le 4 février 11:28,
par
NDIAGA DIOUF
Violence politique au Sénégal : se rappeler pour ne plus refaire !
L’incendie au meeting du PS à Thiès les semaines passées a remis sur la table la question de la violence politique au Sénégal, certains ont même posé le débat sur la violence de façon générale au sein de la société sénégalaise. Cette fois la condamnation de l’auteur des faits est salutaire. En tant que simple journaliste, jeune journaliste d’ailleurs, historien du quotidien, je me rappelle et je vous rappelle !
« Les crimes et massacres, c’est pour les autres et non pour un pays béni comme le nôtre ». Ce discours identitaire des sénégalais est à l’origine de toutes les négligences vis-à-vis des signes annonciateurs. Et c’est avec surprise et impuissance qu’on regarde les catastrophes se déroulaient sous nos yeux. Il en était ainsi un certain mercredi 16 Février 1994. Ce jour là l’opposition regroupée au sein de la coordination des forces démocratiques(CFD) organisait un meeting sur les allées du centenaire. Une coordination composée essentiellement du PDS, d’AJPADS, du RND, du MSU, du PLP, de la CDP. Jusque là rien d’anormal, ce meeting était même autorisé. Mais selon certains observateurs : « des partisans de Moustapha Sy avaient minutieusement préparé un plan pour profiter de cette occasion pour libérer leur guide ». Le leader des moustarchidines wal moustarchidatis était en prison depuis le mois de janvier 1994. Il est accusé d’avoir tenu des propos déplacés à l’endroit du Président de l’époque Abdou Diouf et condamné pour un an de prison. Ainsi ses partisans durant des semaines ont travaillé sur un plan pour libérer leur chef. Ils devaient profiter de cette occasion qu’est le meeting de l’opposition. Ce qui fait dire à des confrères que : « le meeting de la CFD n’est que l’épicentre de ces événements du 16 février 1994 ». Aux environs de 16 heures lorsque le meeting se transforme subitement en une marche en l’espace d’une heure c’est la barbarie au grand jour sur les allées du centenaire. Des hommes et des femmes armés de gourdins, machettes, barres de fer, projectiles ont surpris des policiers qui ne s’attendaient pas à un tel scénario. Le bilan est lourd cinq policiers et deux civils tués, des dizaines de blessés, une cinquantaine de bus de la SOTRAC, des voitures, des stations d’essence incendiés ou saccagés. La SONATEL chiffrait ses préjudices matériels à plus de cent cinquante millions avec la casse notamment des cabines téléphoniques. C’était tout simplement l’horreur ! Avant même cette situation macabre sur les allées, les manifestants se sont signalés dans la banlieue à Pikine, Guédiawaye, Thiaroye. La rapidité des actions, la bonne organisation prennent au dépourvu les forces de l’ordre. Le soir dans un discours télévisé, le ministre de l’intérieur de l’époque Djibo Leyti Kâ pointe un doigt accusateur sur le mouvement des moustarchidines. Les autorités décident alors d’interdire sur l’ensemble du territoire national les activités du mouvement. Le vendredi 18 février entre vingt heures et vingt une heures, Maître Abdoulaye Wade et Landing Savané sont arrêtés. Il en sera de même avec les arrestations de Babacar Sané du MSU, Pape Malick Sy, frère de Moustapha Sy. Ce dernier avait soutenu en 1988 la candidature d’Abdou Diouf avant de se retrouver derrière Abdoulaye Wade.
Hier comme aujourd’hui pour plusieurs événements tragiques qui ont jalonné la vie de notre peuple, ne pas faire la lumière reste le principe. Voilà la cause de tous nos maux ! La vie est difficile. Les forces sociales sont en mouvement. Les forces politiques font face dans une autre recomposition.
Est-ce qu’aujourd’hui vous ne voyez pas des signes annonciateurs ? Peut-être non, mais gouverner c’est prévenir. C’était juste un rappel !
Violence politique au Sénégal : se rappeler pour ne plus refaire !
L’incendie au meeting du PS à Thiès les semaines passées a remis sur la table la question de la violence politique au Sénégal, certains ont même posé le débat sur la violence de façon générale au sein de la société sénégalaise. Cette fois la condamnation de l’auteur des faits est salutaire. En tant que simple journaliste, jeune journaliste d’ailleurs, historien du quotidien, je me rappelle et je vous rappelle ! « Les crimes et massacres, c’est pour les autres et non pour un pays béni comme le nôtre ». Ce discours identitaire des sénégalais est à l’origine de toutes les négligences vis-à-vis des signes annonciateurs. Et c’est avec surprise et impuissance qu’on regarde les catastrophes se déroulaient sous nos yeux. Il en était ainsi un certain mercredi 16 Février 1994. Ce jour là l’opposition regroupée au sein de la coordination des forces démocratiques(CFD) organisait un meeting sur les allées du centenaire. Une coordination composée essentiellement du PDS, d’AJPADS, du RND, du MSU, du PLP, de la CDP. Jusque là rien d’anormal, ce meeting était même autorisé. Mais selon certains observateurs : « des partisans de Moustapha Sy avaient minutieusement préparé un plan pour profiter de cette occasion pour libérer leur guide ». Le leader des moustarchidines wal moustarchidatis était en prison depuis le mois de janvier 1994. Il est accusé d’avoir tenu des propos déplacés à l’endroit du Président de l’époque Abdou Diouf et condamné pour un an de prison. Ainsi ses partisans durant des semaines ont travaillé sur un plan pour libérer leur chef. Ils devaient profiter de cette occasion qu’est le meeting de l’opposition. Ce qui fait dire à des confrères que : « le meeting de la CFD n’est que l’épicentre de ces événements du 16 février 1994 ». Aux environs de 16 heures lorsque le meeting se transforme subitement en une marche en l’espace d’une heure c’est la barbarie au grand jour sur les allées du centenaire. Des hommes et des femmes armés de gourdins, machettes, barres de fer, projectiles ont surpris des policiers qui ne s’attendaient pas à un tel scénario. Le bilan est lourd cinq policiers et deux civils tués, des dizaines de blessés, une cinquantaine de bus de la SOTRAC, des voitures, des stations d’essence incendiés ou saccagés. La SONATEL chiffrait ses préjudices matériels à plus de cent cinquante millions avec la casse notamment des cabines téléphoniques. C’était tout simplement l’horreur ! Avant même cette situation macabre sur les allées, les manifestants se sont signalés dans la banlieue à Pikine, Guédiawaye, Thiaroye. La rapidité des actions, la bonne organisation prennent au dépourvu les forces de l’ordre. Le soir dans un discours télévisé, le ministre de l’intérieur de l’époque Djibo Leyti Kâ pointe un doigt accusateur sur le mouvement des moustarchidines. Les autorités décident alors d’interdire sur l’ensemble du territoire national les activités du mouvement. Le vendredi 18 février entre vingt heures et vingt une heures, Maître Abdoulaye Wade et Landing Savané sont arrêtés. Il en sera de même avec les arrestations de Babacar Sané du MSU, Pape Malick Sy, frère de Moustapha Sy. Ce dernier avait soutenu en 1988 la candidature d’Abdou Diouf avant de se retrouver derrière Abdoulaye Wade. Hier comme aujourd’hui pour plusieurs événements tragiques qui ont jalonné la vie de notre peuple, ne pas faire la lumière reste le principe. Voilà la cause de tous nos maux ! La vie est difficile. Les forces sociales sont en mouvement. Les forces politiques font face dans une autre recomposition. Est-ce qu’aujourd’hui vous ne voyez pas des signes annonciateurs ? Peut-être non, mais gouverner c’est prévenir. C’était juste un rappel !
NDIAGA DIOUF. Journaliste. ndiagadiouf2005@yahoo.fr